dimanche, janvier 23, 2011

"Le Point sur les Ensembles" exposition à la galerie Satellite, Paris, 28 janvier - 28 février 2011

Voigtland

Cette série compile des photographies prises indifféremment dans des lieux du monde ou dans des espaces clos et scénographiés. Il s’agit là de proposer au spectateur un jeu d’association libre entre les images, selon qu’il choisit de privilégier l’aspect formel, chromatique ou le sujet même de la photographie.

De surcroît, les images de Voigtland sont contraintes par une règle qui s’impose à leurs titres. Celui-ci ne peut excéder deux syllabes, et s’inscrit dans un système homophonique, ajoutant au questionnement de la série, de l’ensemble, celui de la liste.

Ces photographies procèdent d’un appareil techniquement obsolète, hérité des années 50, le Voigtlander Bessa 66. Pour une approche technique, mimétique et qualitative de l’image photographique, certains défauts sont aujourd’hui jugés rédhibitoires. Cependant, des qualités figuratives intrinsèques à cet appareil demeurent. Le jeu sur l’agrandissement amplifie cette ambigüité en exacerbant parfois une distorsion qui, bien que dénaturant le signal photographique, contribue à l’unification de l’ensemble.




























Solaristique (image préparatoire)

Ce projet photographique se développe actuellement autour du roman de science-fiction de Stanislas Lem, adapté une première fois au cinéma par Andrei Tarkovski : Solaris.Par « solaristique » on peut entendre le positionnement philosophique, scientifique et politique qui peut guider l’humain dans une confrontation avec l’inconnu, l’inexpliqué.La photographie, à maints égards, a certainement à voir avec ce précepte. Et finalement cette œuvre de science-fiction tourne principalement autour de la question de la re-présentation.

Dans son film, Tarkovski, dans la maîtrise de son langage cinématographique, a inventé et rendu crédible toute l’étrangeté de cette situation en faisant le choix du réalisme.

Cette photographie, dans ce contexte, a un statut bien particulier, car elle ne figurera pas dans l’ensemble lorsque celui-ci sera achevé. Elle est donc singulière. On peut parler de travail préparatoire. Mais dans l’accomplissement de ce projet, ce portrait m’a permis de prendre conscience de deux phénomènes. Le premier rencontre une préoccupation essentielle du cinéaste russe, à savoir l’importance de l’œuvre d’art dans la perception et le rapport harmonique que nous pouvons entretenir avec le monde. Le deuxième, comme corollaire, est que pour être complètement perçue, l’image, même ou surtout réaliste, requiert de son spectateur un acte de foi, simplement défini comme un amour discipliné.






Sans titre (image double)

À partir de 2009, j’ai réutilisé la photographie comme le moyen d’enregistrer spontanément, instinctivement des « choses vues ». J’ai donc renoué avec un procédé classique, un petit appareil à visée télémétrique, une pellicule argentique suffisamment sensible pour répondre à une diversité de situations lumineuses.

À la lecture des planches-contact, j’ai choisi de privilégier non pas une photographie, mais deux, qui se suivent dans l’ordre du défilement de la pellicule. Au voir et au faire s’ajoute le lire pour déterminer si une image mérite d’être retenue.

Dans ces deux clichés qui n’en font qu’un, ce n’est pas tant la représentation d’un continuum temporel, d’un défilement filmique qui compte, mais la capacité de deux photographies à s’équilibrer. L’inter-image peut contenir des centaines de kilomètres ou une poignée de secondes. Et la part entre mémoire et hasard reste indéfinissable.


Berlin, mai 2009 (19 - 20)

Osaka, mars 2009 (15 - 16)

Takarazuka, avril 2009 (29 - 30)

Région de Palanga, Lituanie, octobre 2009 (2 - 3)

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